Carmélites : La force de ne plus avoir peur

Dialogue des Carmélites. Marianne Fiset (2) © Yves Renaud Dialogue des Carmélites. Marianne Fiset (2) © Yves Renaud

En ces jours frisquets où la déprime nous guette tout au long de l’hiver il est bon d’égayer nos esprits en se permettant des sorties culturelles. À titre de solution, je vous propose donc une soirée à l’opéra de Montréal afin d’assister au spectacle des Dialogues des Carmélites. Cet opéra en trois actes prend place au 20e siècle dans un lieu imprécis, intemporel, où une tragique histoire se joue au sein d’une société. Le récit débute avec un climat social des plus tendus entre le peuple révolutionnaire et ce qui semble être une population bourgeoise. Blanche de la Force, fille de Marquis, après avoir vu sa voiture bloquée au coin d’un carrefour prend peur de la foule. Celle-ci nous apparait très apeurée et en quête d’un refuge, elle craint les autres, mais aussi sa propre personne et semble incapable de s’accomplir en tant qu’individu sans dépendre de ses proches. Cela mènera le personnage au couvent du Carmel où celle-ci deviendra sœur; sœur Blanche de l’Agonie du Christ. Nous suivons les aventures de Blanche confrontée à la mort, à la tentation, à la peur et à maintes autres émotions qui la rongent et l’habitent tout au long de l’opéra jusqu’à la fin tragique des sœurs du couvent face au peuple en révolte tenant à détruire toutes institutions en oppositions contre le nouveau groupe révolutionnaire. Blanche, malgré toutes ses craintes, devra faire un choix crucial, fuir ses peurs ou braver la mort.

D’une part tragique cet opéra nous offre tout de même des moments gais où nous avons droit à un nouveau point de vue quant à la condition des femmes ayant fait le vœu de servir l’église. Nous les voyons au quotidien, avoir du plaisir, partager et se confier les unes aux autres. Les émotions, les confidences et la confiance transmises entre les interprètes permettaient une représentation par moment chaleureuse de ce milieu religieux que l’on considère souvent comme austère. Les chansons interprétées par les artistes étaient impeccables et conviaient le public à suivre leurs aventures et leurs mœurs; les couleurs qui s’en émanaient frappaient et habitaient le théâtre en entier. Je tiens à souligner l’excellent jeu soutenu de Marianne Fiset (Blanche de la Force) qui a convié au public une prestation électrisante.

Dialogues des carmélites © Yves Renaud

Dialogues des carmélites © Yves Renaud

En terme de scénographie, je tiens à souligner l’excellent travail de toute l’équipe, l’espace minimaliste permettait de plonger entièrement dans l’univers du couvent que l’on nous peignait en chanson. Le chœur des sœurs et les mouvements que celles-ci faisaient avec aisance en rythme soutenu étaient vraiment agréables à regarder et permettaient de nous faire voyager dans le récit autant en chanson qu’en action. De plus, l’éclairage plutôt sobre et terne a vraiment réussi à installer dès le début une atmosphère de tension qui a su habiter le public jusqu’à la fin.

Je recommande à tous et à toutes d’aller voir ce spectacle de qualité. Les thèmes universels dont il fait part sont traités avec humanité et méritent d’être partagés. De plus, les répliques sont affichées en surtitres tout au long de la prestation alors vous pourrez toujours vous y retrouver s’il s’agit d’une première sortie à l’opéra! Chapeau au couvent de Carmel, un spectacle à ne pas manquer.

En représentation à l’Opéra de Montréal (260 Boulevard de Maisonneuve O, Montréal) les 31 janvier, 2 et 4 février, Présenté avec surtitres français et anglais, Billetterie : 514.985.2222

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